Dreyfus pendant la Grande Guerre

Georges Joumas, Alfred Dreyfus, Officier en 1914-1918. Souvenirs, Lettres et Carnets de guerre, Orléans, Regain de lecture, 2011, 144 pages. 14 €.

Georges Joumas, bon spécialiste de l’Affaire, auteur d’un Les Échos de l’affaire Dreyfus en Orléanais (Orléans, Corsaire éditions, 2010), vient de publier, à l’aube des commérations de la Grande Guerre, un intéressant petit volume titré : Alfred Dreyfus, Officier en 1914-1918. Souvenirs, Lettres et Carnets de guerre. Reprise augmentée d’un premier travail (« La Fin de la carrière d’Alfred Dreyfus à Orléans Durant la Grande Guerre », Bulletin de la « Société Archéologique et Historique de l’Orléanais », n° 126, 2000), et enrichi de larges extraits de la correspondance inédite du capitaine avec la marquise Arconati-Visconti et d’autres inédits issus des archives familiales (correspondance avec Pierre, souvenirs, Carnet de guerre).

Un intéressant petit volume qui retrace la guerre de Dreyfus à travers ses différentes affectations, de l’arrière aux premières lignes, mais aussi ses réflexions sur les événements, la manière dont la guerre fut conduite, le rôle des belligérants, etc. De véritables surprises nous y sont aussi réservées. Il est en effet pour le moins étonnant d’apprendre que quand au début de 1917 Dreyfus prit son poste au parc d’artillerie du 168e régiment d’infanterie du 20e corps d’armée, ce fut pour servir sous les ordres direct du colonel Georges Larpent un de ceux qui se cachaient sous l’omnibus Dutrait-Crozon. Y avait-il ici machiavélisme de la part de l’État-major, « manifestation d’une intervention hostile », comme le pense l’auteur ? Pour notre part nous ne le croyons pas. Dreyfus savait-il qui était son supérieur ? Nous ne le croyons pas plus. Ce n’est que bien plus tard que sera révélée la véritable identité du Dutrait-Crozon et que seront connus comme en étant les véritables auteurs Larpent et Delebecque. La question Dutrait-Crozon devrait d’ailleurs un jour être poussée un peu plus loin. En effet, à en croire un témoin tel que Louis Dimier, grande figure de l’Action française, le pseudonyme aurait en fait dissimulé Maurras, Corps et Delebecque (Louis Dimier, Vingt ans d’Action Française et autres souvenirs, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1926, p. 110-111).

Un petit livre passionnant, quoi qu’il en soit, et, sur ces quelques années, un excellent complément à la biographie de Vincent Duclert.

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