L’affaire Dreyfus dans Valeurs actuelles : un articulet pour le moins étonnant…

Publié le 2 février sur le site de Valeurs actuelles et signé Christian Brosio, un curieux article consacré à Esterhazy et tiré : « Considéré comme le véritable coupable dans l’affaire Dreyfus… » Ce « considéré » est déjà inquiétant mais plus encore l’est le papier :

L’énigme de la semaine… Ferdinand Walsin Esterhazy reste entouré de mystères.
L’affaire Dreyfus fut en réalité l’affaire Dreyfus-Esterhazy. Dans un premier temps, seul le capitaine Alfred Dreyfus, stagiaire au 2e bureau de l’état-major, est mis en cause. Accusé d’être l’auteur de la fameuse lettre-bordereau annonçant à l’attaché militaire allemand, von Schwartzkoppen, la livraison de cinq notes, notamment sur « le frein hydraulique du [canon] de 120 […] », il est condamné à l’unanimité du conseil de guerre, le 22 décembre 1894, à la déportation à vie sur l’île du Diable, en Guyane, et à la dégradation militaire. Le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy n’entre en scène qu’en août 1896, lorsque est dévoilée l’interception d’un télégramme adressé à ce dernier par von Schwartzkoppen (le fameux “petit bleu”). Des documents manuscrits d’Esterhazy semblent révéler une similitude d’écriture avec celle du bordereau. Les dreyfusards désignent, alors, en lui le véritable coupable, tandis que les antidreyfusards se font de plus en plus partiaux. Traduit, à son tour, devant le conseil de guerre, Esterhazy est, cependant, acquitté le 11 janvier 1898. Dreyfus devra, quant à lui, attendre l’arrêt de la Cour de cassation du 12 juillet 1906 pour voir, de facto, son innocence reconnue. Qui était donc Esterhazy ? Né en 1847, issu d’une branche française adultérine de la célèbre famille austrohongroise, membre du 2e bureau de 1877 à 1880, chef de bataillon en 1892, il est alors affecté au 74e régiment d’infanterie. Mondain, joueur, toujours à court d’argent, très introduit auprès des milieux israélites influents, tout en ayant des contacts avec l’antisémite Édouard Drumont, il nia toute implication, avant de se dénoncer, puis de démentir et d’“avouer” à nouveau… Les expertises de son écriture — considérées comme intègres par les historiens — conclurent pourtant qu’il n’était pas l’auteur du bordereau. Bien d’autres mystères — comme l’origine du “petit bleu” — demeurent autour d’Esterhazy. Réformé le 24 août 1898, il s’installa au Royaume-Uni où, sous le nom de Jean de Voilemont, il devint voyageur de commerce. Il y mourut, en 1923, emportant ses secrets dans la tombe.

Qu’est cette phrase : « Les expertises de son écriture — considérées comme intègres par les historiens — conclurent pourtant qu’il n’était pas l’auteur du bordereau » ? De quels historiens s’agit-il ?

Qu’on me permette donc de mettre ici quelques pages de mon Histoire qui traitent la question :

Pellieux avait dû renoncer, sans avoir beaucoup insisté, on s’en souvient, à faire expertiser le bordereau pour savoir, ainsi que le commandait la dénonciation de Mathieu, s’il pouvait être l’œuvre d’Esterhazy. Cette expertise, dans l’enquête officielle de Ravary, devenait non seulement indispensable mais encore inévitable après les garanties qu’avait données Billot à la tribune de la Chambre. Baudouin, président du Tribunal de première instance du département de la Seine, fut pour cela consulté par le ministre de la Guerre. Il indiqua les noms des 5 experts inscrits au tableau du Tribunal de première instance et lui expliqua que Charavay, Gobert, Pelletier ayant été déjà commis en 1894, il n’avait d’autre possibilité que de se tourner vers Belhomme et Varinard auxquels il serait possible d’adjoindre trois autres hommes de l’art : Mayeras, sténographe au Sénat, Coüard, archiviste du département de la Seine, et Couderc, sous-bibliothécaire à la Bibliothèque nationale. Dans une seconde lettre envoyée le même jour, il expliquait qu’il serait possible maintenant de compter sur Belhomme, qu’il avait vu le 4 décembre et auquel il avait « démontré l’inanité de ses scrupules[1] » : avait-il le choix, puisque les experts n’étaient pas assez nombreux et était-il raisonnable de s’arc-bouter ainsi quand « deux ministres v[enai]ent de déclarer au Parlement qu’il y a[vait] une affaire Esterhazy et qu’il n’y a[vait] pas d’affaire Dreyfus[2] ».
Le 14 décembre, Belhomme, Coüard et Varinard se mirent donc au travail. Esterhazy était inquiet de ce qui sortirait de cette expertise. Les trois experts seraient-ils aussi dociles que ceux de 1894 et ne risquaient-ils pas au contraire de voir ce qui sautait aux yeux : l’absolue identité des écritures ? Ne risquaient-ils pas de lui attribuer ce bordereau dont il était l’indéniable scripteur ? Esterhazy décida de passer à l’attaque et il n’est pas douteux que c’est lui qui inspira la campagne que pendant quelques jours menèrent ses amis du Jour. La narration précise et détaillée qui y est faite de l’épisode Brô ne permet pas d’en douter. Plusieurs articles parurent ainsi, niant l’importance du bordereau, pièce accessoire en regard des nombreuses preuves de la culpabilité de Dreyfus, et celle de l’expertise qui ne pourrait qu’y trouver de l’écriture d’Esterhazy puisque Dreyfus l’avait calquée[3]… Mais cela ne pouvait suffire à rassurer Esterhazy : « Ma confiance était si médiocre que je faisais part constamment de mes méfiances à cet égard[4]. » Certes, si on l’en croit, tout autant qu’il fut « tenu constamment, journellement et régulièrement au courant de toutes les phases de cette instruction » et reçut « à chaque instant les consignes les plus précises »[5], les experts, comme Ravary, avaient été « vus[6] ». Et c’est peut-être bien là qu’était le problème qui pouvait lui faire craindre le pire. Ses protecteurs ne seraient-ils pas tentés de le lâcher ? Ici se place un épisode qui semble-t-il a une tout autre signification que celle qu’Esterhazy lui-même, et quelques autres après lui, lui ont donné. On dit habituellement que Tézenas, dans l’ignorance de la collusion, et donc en toute indépendance d’Esterhazy, écrivit à Ravary pour lui demander l’expertise de l’écriture de Dreyfus. En fait, Tézenas écrivit bien le 14 décembre à Ravary mais pour se « join[dre] au commandant Esterhazy » qui, la veille, avait fait la même demande[7]. Ce faisant, l’idée des deux hommes était assurément de tenter un coup de force pour éviter toute surprise. Le 14 décembre, Tézenas donc, avait écrit à Ravary pour le « prier, très respectueusement, mais officiellement et fermement, de bien vouloir charger les experts de comparer l’écriture du bordereau à l’écriture de Dreyfus antérieure à sa condamnation, et de leur demander s’il n’y a[vait] pas dans ce bordereau des mots qui [étaie]nt manifestement de l’écriture de Dreyfus […][8] ». Cette lettre – formidable coïncidence ? – parvenait à Ravary au moment même où Esterhazy avait été mandé au Cherche-Midi pour se faire « dict[er] le corps d’écriture » et se faire interroger par les experts[9]. Quand Esterhazy arriva – c’est ce qu’il racontera –, il trouva un Ravary très en colère qui le prit immédiatement à partie : « Qu’est-ce qui prend à votre avocat ? [lui] dit-il. J’ai reçu de lui une lettre extraordinaire ; il demande une expertise de votre écriture avec celle de Dreyfus. Je ne le suivrai pas sur ce terrain, vous pouvez l’en avertir, et je refuse de faire droit à sa demande. » « Amus[é] », Esterhazy répliqua que l’officier-instructeur n’avait pas ce droit. S’il croyait cela, il se trompait, lui rétorqua Ravary, et ce droit il le prendrait. Immédiatement, Belhomme vint en renfort, déclarant « fermement et solennellement que si la défense persévérait dans la voie où elle semblait vouloir entrer, il refuserait de se prêter à une pareille manœuvre et se récuserait »[10]. Il était évident qu’une telle demande serait refusée mais Esterhazy montrait là qu’il avait des armes en réserve et qu’il n’hésiterait pas, si besoin était, à s’en servir. Il n’insista pas… L’essentiel était fait : le message était passé. Il restait à voir Belhomme pour savoir quel était l’état d’esprit des experts. Belhomme estima très justement et le sens de cette visite et ce qu’Esterhazy – qui sut se montrer subtil et se garda bien d’attaquer de front son interlocuteur – voulait lui voir dire, à savoir – seule manière d’expliquer l’identité – que le bordereau était un calque de son écriture[11].
Nous ne savons pas exactement si les choses se passèrent telles qu’Esterhazy les présenta mais la menace faite à Ravary et la démarche auprès de l’expert n’avaient pas été inutiles. Remettant leur rapport, les trois experts conclurent leur travail par un net : « Le bordereau incriminé n’est pas l’œuvre du Commandant Walsin-Esterhazy. » Jacques Dhur a-t-il raison quand il affirme que « diverses conférences entre M. Belhomme et M. de Pellieux » décidèrent de ce que fut finalement ce rapport ? A-t-il raison quand il soutient qu’initialement l’expert avait conclu à l’identité et qu’on lui fit reprendre son travail, un travail dont il eut entre les mains l’exemplaire retravaillé[12] ? Ce serait dans l’ordre des choses mais à vrai dire, après avoir simplement vu dans quel état d’esprit était Belhomme avant de commencer son travail, on peut se demander s’il était nécessaire de peser sur la décision d’un homme pour qui l’autorité de la chose jugée représentait tant…
Pour dégager Esterhazy, les experts se reposaient sur l’« homogénéité remarquable » de l’écriture d’Esterhazy qui les faisait « tenir comme suspectes les pièces où [ils] ne retrouv[aient] pas cette homogénéité ». Et tel était pour eux le bordereau dont l’écriture « n’[était] pas franche et naturelle », qui « manqu[ait] absolument d’homogénéité dans la première page » et qu’ils considéraient de ce fait comme « un document frauduleux ». La transparence du papier pelure en était d’ailleurs une indication et leur suggérait « immédiatement l’idée [que l’écriture] a[vait] pu être calquée sur d’autres documents auxquels on aurait emprunté soit des mots entiers, soit des parties de mots ». Ils notaient toutefois que quelques lignes du verso se superposant à quelques autres du recto, le décalque n’avait pas été total. Mais le véritable auteur du bordereau, « intelligent, comme il l’[était] », avait dû alors avoir recours comme guide à un alphabet, temps d’arrêt dans le travail qui expliquait les « hésitations », « reprises », « retouches », « comme on en vo[yait] tant dans le bordereau et comme on n’en vo[yait] pas dans les écrits reconnus par Mr Esterhazy »[13].
On comprend aisément qu’à la différence de l’État-major, « enchanté », Esterhazy ne fut guère satisfait de ce rapport « fort insuffisant »[14], voire « absurde[15] ». Mais au moins allait-il dans le bon sens et pouvait-il faire l’affaire. Demeurait toutefois le problème des lettres à la Boulancy dont Pellieux, juste avant la clôture de son enquête, avait demandé l’expertise. Esterhazy demandait souvent « où en était cette question » et il fut tout à fait bouleversé quand il lui fut enfin répondu « que les experts [les] lui attribuaient ». Très « en colère »[16], il écrivit pour s’en étonner au général de Pellieux, qui avait ordonné cette expertise, et, en lui rappelant « à quel point [il] étai[t] incapable d’avoir les sentiments que ces lettres [lui] prêt[ai]ent », faire appel à « sa haute équité […] pour [lui] faire rendre justice sur ce point et faire triompher le bon droit d’un innocent ». Et comme il l’avait fait le 8 décembre précédent dans une lettre à Ravary[17], il demandait la contre-expertise du très sûr Bertillon[18]. Un Bertillon de plus en plus sûr qui au début du mois de décembre s’était répandu dans la presse pour dire que le bordereau n’était pas essentiel et qu’il existait une pièce bien plus importante saisie dans le buvard de Dreyfus. Après la théorie du décalque et de l’homme de paille, celle du bordereau à considérer comme accessoire ne pouvait pas ne pas être parfaite pour Esterhazy… Certes son écriture ressemblait en effet à celle du bordereau puisqu’il s’agissait d’un calque. Mais qu’importait après tout, s’il existait une autre pièce, bien plus grave, qui prouvait la culpabilité du traître[19]… Et Dreyfus, comme le dira la presse les jours suivants, on l’a vu, n’avait-il pas été jugé sur la base de 14 preuves ?
Pellieux, arguant du fait que les experts n’avaient pas encore rendu leur rapport, répondit à Esterhazy qu’il ne donnerait pas suite et que la question, dans l’attente, était « à réserver[20] ». Devant cet échec, Esterhazy se résolut donc à un nouveau chantage en revenant sur l’idée qui avait si fort contrarié Ravary de demander l’expertise du bordereau sur une comparaison avec l’écriture de Dreyfus. Il écrivit une nouvelle lettre à un général[21] – certainement Pellieux –, dans laquelle il dissimulait à peine, sous l’apparent affolement, sa menace :

Que dois-je faire tout à l’heure ?
Puisque les experts se refusent à conclure comme vous l’espériez, dois-je demander, comme Tézenas le voulait tout d’abord, comme c’est mon droit, l’expertise avec l’écriture Dreyfus et reparler du décalque ? Comment ni Charavay, ni Varinard que vous connaissez, n’ont-ils pas conclu pour moi dans les lettres Boulancy manifestement truquées ? Belhomme est un idiot, il n’y a qu’à le regarder.
Dois-je exiger la contre-expertise Bertillon pour les lettres B ? Tous ces gens vont m’assassiner. Ne peut-on cependant, démontrer à Ravary et aux experts que je n’ai pu écrire les termes de la grande lettre à la Boulancy ?
Si les experts concluent que l’écriture est de moi, il m’est impossible pour ma défense de ne pas m’efforcer de démontrer que c’est Dreyfus qui est l’auteur du bordereau.
Comprenez donc bien que :
Si vous êtes véritablement les maîtres de l’instruction et des experts, je ne puis que m’en rapporter absolument à vous, mais que si cela vous échappe, comme je le crains, je suis dans l’obligation absolue de démontrer que le bordereau est calqué par Dreyfus avec mon écriture[22].

Et de cela, qui équivalait à reprendre une affaire close et que tous voulaient considérer comme telle, il n’était pas question. Nous ne savons si cette lettre, dont nous ne connaissons que deux brouillons, fut finalement envoyée ou si Esterhazy fit marche arrière. Quoi qu’il en fût, Esterhazy fut contraint de tenter autre chose. Il envoya pour cela son neveu Christian auprès de Du Paty pour l’informer que « si on [laissait les experts] persévérer dans leur erreur », il « mettrait fin à ses jours » sans oublier de s’assurer avant de la publication de « tous ses papiers ». Du Paty, entre « colère furieuse et […] affreux désespoir », condamna cet ignominieux chantage[23] et donna à Esterhazy – ou transmit à ceux qui en avaient le pouvoir – ce qu’il souhaitait. Le 8 janvier, les experts Belhomme, Varinard et Charavay, en remplacement de Coüard, rendaient un rapport aux termes duquel ils concluaient que la « lettre du uhlan » leur paraissait « être d’une origine très suspecte » et leur semblait « plutôt une imitation courante et à main levée de l’écriture du Commandant Esterhazy qu’une pièce originale »[24].
Les conclusions de ces rapports furent assez rapidement connues. Dans son numéro du 24 décembre, L’Éclair laissait entendre que les experts pensaient que « l’écriture de l’une des lettres […] ne semblait pas absolument spontanée[25] » et Le Courrier du Soir, journal qui passait pour être « l’organe particulier et personnel » du ministre de la Guerre[26], avait imprimé que « les trois experts désignés par le commandant Ravary se seraient prononcés sur le bordereau dans le même sens que ceux du procès de 1894 et dans la même proportionnalité d’opinion que ces derniers ». Mathieu Dreyfus, par le greffier Vallecalle, eut rapidement confirmation de ces bruits. Il en fut abasourdi mais voulut tout de même y voir une possible ouverture dans la mesure où il n’était pas possible que le bordereau pût être de la main de Dreyfus, comme dit en 1894, tout en étant un décalque de l’écriture d’Esterhazy[27]. Scheurer-Kestner, qui l’apprit à son tour par Reinach[28], « bondi[t] ». Pour lui, qui n’avait jamais voulu s’« appuyer sur autre chose que sur l’attribution du bordereau », la nouvelle fit l’effet d’un cataclysme[29]. Tout cela était absurde, incroyable, impossible. Il écrivit le 29 à Reinach :

Je ne crois pas à l’histoire d’un rapport défavorable des experts. Le reste est secondaire. Je n’y crois pas parce que, jusqu’à preuve du contraire, je ne crois pas à la coquinerie de ces trois hommes.
Mais il est certain que si, contre mon attente, ils se sont laissés, je ne veux pas dire gagner, mais intimider, et s’ils concluent sans conclure, les efforts que nous avons faits depuis trois mois seront perdus ; nous n’obtiendrons ni révision ni annulation. Nous pourrons encore nous donner des illusions en donnant des coups d’épée dans l’eau, mais ce seront des illusions.

« L’expertise, la chose capitale » était pour lui la seule question : « Vous ne parviendrez pas à en créer une autre », ajoutait-il dans sa lettre à Reinach. « Si nous échouons sur celle-là, nous serons vraiment et définitivement battus. »[30] Le lendemain, la nouvelle devint officielle. « L’invraisemblable est devenu vrai[31]. » Scheurer-Kestner en fut tout à fait découragé : « […] nous voici bel et bien battus. Que l’on traîne quelqu’un devant le Conseil de guerre, que voulez-vous que cela me fasse ! l’autre restera là-bas ! encore pendant longtemps[32]. »


[1] Lettres de Baudouin à Saussier du 6 décembre 1897, AN BB19 88 et 106.

[2] Déposition Belhomme dans Le Procès Dreyfus devant le conseil de guerre de Rennes, op. cit., t. II, p. 567.

[3] « Le résultat de l’enquête » et « La déroute », Le Jour 3 et 9 décembre 1897.

[4] Esterhazy, Mémoires, BNF n.a.fr. 16444, f. 296.

[5] Ibid., f. 294. Voir aussi la déposition Esterhazy dans La Révision du procès Dreyfus. Enquête de la Cour de cassation, op. cit., t. I, p. 586.

[6] Du Paty lui aurait ainsi écrit : « Les experts sont désignés vous saurez demain leurs noms. Ils seront vus, soyez tranquille. Tenez-vous-en absolument à ce qui a été décidé » (Esterhazy, « Procès-verbal » de la déposition devant le consul de Londres, AN BB19 71, f. 40-41 – La Révision du procès de Rennes. Enquête de la chambre criminelle de la Cour de cassation (5 mars 1904-19 novembre 1904), op. cit., t. III, p. 759 – et Mémoires, BNF n.a.fr. 16444, f. 295. Voir aussi la version quelque peu variante dans « La déposition d’Esterhazy devant le consul général de France à Londres. Texte publié par “L’Indépendance belge” » dans Commandant Esterhazy. Dépositions et explications complètes, op. cit., p. 69).

[7] Lettre d’Esterhazy à Ravary du 13 décembre 1897, AN BB19 97. Le 8, il avait déjà écrit dans ce sens, mais en se contentant alors de laisser entendre qu’il serait nécessaire d’expertiser l’écriture de Dreyfus (lettre du 8 décembre 1897 d’Esterhazy à Ravary, AN BB19 124).

[8] Lettre de Tézenas à Ravary du 14 décembre 1897, AN BB19 124.

[9] Déposition Coüard dans La Révision du procès Dreyfus. Enquête de la Cour de cassation, op. cit., t. I, p. 506 et déposition Belhomme dans Le Procès Dreyfus devant le conseil de guerre de Rennes, op. cit., t. II, p. 568.

[10] « La déposition d’Esterhazy devant le consul général de France à Londres. Texte publié par “L’Indépendance belge” » dans Commandant Esterhazy. Dépositions et explications complètes, op. cit., p. 70. Voir aussi Esterhazy, Mémoires, BNF n.a.fr. 16444, f. 296-298 et « Procès-verbal » de la déposition devant le consul de Londres, AN BB19 71, f. 43 (La Révision du procès de Rennes. Enquête de la chambre criminelle de la Cour de cassation (5 mars 1904-19 novembre 1904), op. cit., t. III, p. 760).

[11] Déposition Belhomme dans Le Procès Dreyfus devant le conseil de guerre de Rennes, op. cit., t. II, p. 573. Voir aussi Esterhazy, Mémoires, BNF n.a.fr. 16444, f. 298-299 et « La déposition d’Esterhazy devant le consul général de France à Londres. Texte publié par “L’Indépendance belge” » dans Commandant Esterhazy. Dépositions et explications complètes, op. cit., p. 71-72. Selon le témoignage de Jacques Dhur, Esterhazy aurait été plus mélodramatique et aurait supplié Belhomme « de sauver l’honneur de l’armée » (La Révision du procès de Rennes. Enquête de la chambre criminelle de la Cour de cassation (5 mars 1904-19 novembre 1904), op. cit., t. I, p. 752).

[12] Jacques Dhur, Le Père d’Émile Zola, Paris, Société libre d’édition des gens de lettres, 1899, p. 78 et déposition Dhur à l’occasion de la seconde révision dans La Révision du procès de Rennes. Enquête de la chambre criminelle de la Cour de cassation (5 mars 1904-19 novembre 1904), op. cit., t. I, p. 752-753. Belhomme niera bien sûr toujours l’existence de ce premier rapport repris (La Révision du procès de Rennes. Enquête de la chambre criminelle de la Cour de cassation (5 mars 1904-19 novembre 1904), op. cit., t. III, p. 324-325).

[13] Rapport de Belhomme, Varinard et Coüard du 24 décembre 1897, AN BB19 124.

[14] « La déposition d’Esterhazy devant le consul général de France à Londres. Texte publié par “L’Indépendance belge” » dans Commandant Esterhazy. Dépositions et explications complètes, op. cit., p. 72.

[15] Esterhazy, « Procès-verbal » de la déposition devant le consul de Londres, AN BB19 71, f. 46 (La Révision du procès de Rennes. Enquête de la chambre criminelle de la Cour de cassation (5 mars 1904-19 novembre 1904), op. cit., t. III, p. 761).

[16] Ibid., f. 44-45 (ibid., p. 761).

[17] Lettre d’Esterhazy à Ravary du 8 décembre 1897, AN BB19 124.

[18] Lettre d’Esterhazy à Pellieux du 24 décembre 1897, AN BB19 89.

[19] Presse du 2 au 5 décembre 1897.

[20] Lettre de Pellieux à Esterhazy du 28 décembre 1897, AN BB19 89.

[21] Déposition Bertulus dans La Révision du procès Dreyfus. Enquête de la Cour de cassation, op. cit., t. I, p. 224 et déposition Esterhazy à l’occasion de l’enquête Bertulus, publiée dans La Révision du procès Dreyfus. Enquête de la Cour de cassation, op. cit., t. II, p. 234-235.

[22] Cité dans La Révision du procès Dreyfus à la Cour de cassation. Compte rendu sténographique « in extenso ». Débats de la Cour de cassation (27, 28, 29 octobre 1898), op. cit., p. 81. La transcription en étant fautive, nous en avons rétabli le texte exact sur la recopie faite par Bertulus et conservée dans ses papiers, AN AB XIX 4406, dossier 1. Ainsi, la phrase : « Si les experts concluent que l’écriture est de moi », qui concerne la lettre à la Boulancy, est devenue, changeant le sens et le moment d’écriture de la lettre : « Si les experts concluent que le bordereau est de moi ».

[23] La Plainte en escroquerie contre le commandant Esterhazy. Mémoire de Christian Esterhazy adressé à M. le procureur de la République, op. cit., p. 70. Voir aussi les dépositions Christian Esterhazy à l’occasion de la première révision dans La Révision du procès Dreyfus. Enquête de la Cour de cassation, op. cit., t. II, p. 232 et à l’occasion de l’instruction Tavernier [Du Paty, 1899], AN BB19 85, 10 juillet 1899, f. 5.

[24] Rapport de Belhomme, Varinard et Charavay du 8 janvier 1898, AN BB19 89, f. 23.

[25] « L’affaire Dreyfus », L’Éclair, 24 décembre 1897.

[26] Séance du 4 décembre 1897, Journal officiel. Débats parlementaires, Chambre des députés, 5 décembre 1897, p. 2741.

[27] Mathieu Dreyfus, L’Affaire telle que je l’ai vécue, op. cit., p. 122. C’est ce que quelques mois plus tard expliquera lumineusement Jaurès : « […] s’il y a eu décalque, si le bordereau a été fait avec des mots d’Esterhazy décalqués par un autre homme, comment peut-on savoir que cet autre homme est Dreyfus et que deviennent les conclusions des premiers experts ? » (Jaurès, Les Preuves publiées dans œuvres de Jean Jaurès, t. VI, op. cit., p. 552).

[28] Joseph Reinach, Histoire de l’affaire Dreyfus, op. cit., t. I, p. 819.

[29] Auguste Scheurer-Kestner, Mémoires d’un sénateur dreyfusard, op. cit., p. 241 et 242.

[30] Lettre de Scheurer-Kestner à Reinach du 29 [décembre 1897], dans BNF n.a.fr. 24898, f. 282-283.

[31] Lettre de Reinach à Scheurer-Kestner du 30 décembre 1897, BNF n.a.fr. 23820, f. 39.

[32] Lettre de Scheurer-Kestner à Reinach du 31 [décembre 18]97, dans BNF n.a.fr. 24898, f. 285.

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