Drumont, le téléfilm. Histoire d’un antisémite

Drumont. Histoire d'un antisémite

Diffusé le 19 mars dernier sur France 2, après un temps de sommeil du fait d’un différend entre les auteurs et la chaîne sur l’heure de passage à l’antenne, cette biographie filmée de Drumont a fait beaucoup de bruit avant sa diffusion pour un score assez décevant (5 % de part de marché) derrière Dr House, Scènes de ménages et Famille d’accueil, respectivement diffusés sur TF1, M6 et France 3. Et c’est bien dommage car, globalement, ce téléfilm n’est pas sans mérites.

Tout d’abord Denis Podalydès qui incarne Drumont est tout à fait excellent. Il sert à merveille la réalité de ce personnage dans toutes ses insuffisances, son complexe d’infériorité, sa mégalomanie qui est le parti pris du film comme il était déjà celui de la biographie de Grégoire Kauffmann qui en est à l’origine. On y voit aussi ben qu’elle fut l’influence du journaliste et de son journal et de quel poids il put peser sur les événements de l’époque et tout particulièrement sur l’éclatement du scandale de Panama et de l’Affaire. On signalera aussi l’excellente idée qui est celle d’avoir fait le choix de bâtir tous les dialogues à partir d’extraits de textes et de correspondances qui permettent de tracer des portraits des protagonistes (les Daudet, Goncourt, Zola, Lazare, Mathieu Dreyfus) assez justes.
L’Affaire y occupe la meilleure place et le résumé qui en est fait est tout à fait habile. On regrettera toutefois quelques saisissants raccourcis et ce particulièrement dans la manière dont sont traités l’engagement et l’action de Lazare. Mais cela n’est peut-être pas si important, et pour cela même, dans la mesure où un livre ne sera jamais un livre d’histoire. Nous n’oublions pas qu’un film ne peut guère procéder que par ellipses et parfois par approximations pour ne pas en alourdir la narration.
Un vrai regret toutefois mais qu’il faudrait plus adresser à Grégoire Kauffmann qu’au réalisateur, Emmanuel Bourdieu et qui est qu’aucune allusion n’est faite à la relation qui fut celle d’Esterhazy avec Drumont et son journal, ainsi que l’a révélée Marcel Thomas. Elle aurait donné un autre éclairage à ce que fut l’action de Drumont dans l’Affaire.

On peut le voir en cliquant ici.

3 réflexions au sujet de « Drumont, le téléfilm. Histoire d’un antisémite »

  1. Deborah

    Un regret aussi, parce que c’est quand même une faute absolue, avoir dénaturé le titre du livre de Lazare, « le Fumier de Job » en « Fumier de Jacob », ce qui n’a aucun sens. Et Lazare, lui, ne se méprenait pas sur le sens des mots.

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