Article mis en avant

Le blog de la SIHAD

La SIHAD, créée en 1996, a pour but d’offrir un espace à tous ceux – chercheurs, enseignants, scolaires, amateurs et curieux – qui s’intéressent à l’affaire Dreyfus et, à travers ce blog, de mettre à leur disposition des documents, des articles, des critiques sur l’Affaire et son actualité. Regroupant les spécialistes de l’affaire Dreyfus, elle se veut aussi animée, aux termes de ses statuts, par un esprit de vigilance à l’égard de la vérité historique.

Dreyfus général à titre posthume ?

À l’occasion de la cérémonie de commémoration de la Rafle du Vel’d’Hiv’, FLorence Parly, ministre des Armées, a fait allusion à l’Affaire. Elle a déclaré que « 120 ans après le procès de Rennes, les Armées [devaient] regarder leur histoire en face » :

120 ans plus tard, il est encore temps que les Armées redonnent à Alfred Dreyfus tout l’honneur et toutes les années qu’on lui a ôtés. Et j’y veillerai personnellement.

Dreyfus restitué dans le grade qui aurait dû être le sien si sa carrière n’avait pas été arrêtée par l’inique condamnation qui l’avait frappée en 1894, puis encore en 1899, puis surtout, au moment de sa réhabilitation, par le mauvais calcul de son ancienneté, effaçant ainsi d’un simple revers de main les années passées à l’île du Diable ? Le grade qui lui fut alors donné (celui de commandant) n’était pas une « maigre compensation » comme le dit la ministre. Il était une nouvelle et dernière injustice parce que le datant du jour du vote de la loi et non de celui où il aurait dû prendre effet, il plaçait Dreyfus sous-ordre de ses anciens subordonnés et lui fermait définitivement la porte du généralat. En votant cette loi, les députés ne prirent pas conscience qu’ils commettaient une terrible injustice. Le gouvernement qui en était à l’origine pas plus. Clairement, sa volonté était, ainsi que le précisait le projet de loi, de « replacer le capitaine Dreyfus dans la situation où il se retrouverait s’il avait poursuivi normalement le cours de sa carrière. » Et le rapporteur Messimy pouvait se féliciter d’une « mesure équitable et juste ». Une erreur avait simplement été commise…
Sans doute ne serait-ce que justice de restituer aujourd’hui Dreyfus dans le grade qui aurait dû être le sien à la fin de sa carrière, sans la terrible Affaire. Mais n’est-elle pas là, la « maigre compensation » ? Si, en 1906, Dreyfus avait été réintégré avec le grade de lieutenant-colonel, comme le dit la ministre par erreur, justice aurait été alors rendue à l’innocent. Et c’est ce que demandèrent d’ailleurs quelques amis du capitaine, en 1907, et que refusèrent net le président du Conseil et le ministre de la Guerre, deux grands dreyfusards auxquels la ministre rend hommage : Clemenceau et Picquart. « Figurez-vous […] qu’il veut être nommé Lt-Colonel, cet animal-là », avait alors dit Picquart…

Ici le texte intégral du discours

Dreyfus à l’Institut Universitaire Européen Rachi

À partir de septembre 2019, le jeudi, de 17 à 19 heures :

Sous la direction de Jean-Michel Pottier

Toute l’affaire Dreyfus dépend de l’écrit : du bordereau accusateur au J’Accuse d’Émile Zola, des articles de presse aux romans fondés sur l’histoire de l’Affaire, des lettres de Dreyfus à celles de Zola, de la sténographie du procès aux thèses développées ici ou là. Cette dimension de l’écrit n’est pas sans signification. L’écrit fixe le réel, l’écrit scénarise le réel, l’écrit installe une mémoire, l’écrit appelle une lecture et donc une interprétation.

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Félix Fénéon

Depuis deux jours – et jusqu’au 29 septembre –, au musée du Quai Branly : « Félix Fénéon. Les arts lointains ».
À partir du 16 octobre, à l’Orangerie, « Félix Fénéon, les temps nouveaux, de Seurat à Matisse ».
Et à paraître au édition du Sandre cet été, le premier des trois volumes des nouvelles Œuvres complètes de Félix Fénéon, avec de très nombreux inédits, et un peu plus tard, une nouvelle biographie de Fénéon par Philippe Oriol.

Les Secrets de l’affaire « J’Accuse »

Emmanuel Pierrat, avocat, conservateur du superbe musée du Barreau de Paris où, dans l’exposition permanente est présente l’Affaire à travers quelques pièces choisies avec soin dont une magnifique allégorie de Renouard (voir à la fin de ce post), est aussi un auteur d’une rare prolixité : 6 ouvrages en 2017, 12 en 2018 et déjà 11 cette année dont un Les Secrets de l’affaire « J’accuse », juste sorti des presses de CPI Bussières pour Calmann-Lévy.

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Les artistes face à l’affaire Dreyfus. Conférence de Bertrand Tillier à Gournay

Si l’affaire Dreyfus a incontestablement contribué à l’avènement de la figure de l’intellectuel, celle de l’artiste engagé en ces circonstances a moins retenu l’attention.
Pourtant, des peintres, des sculpteurs, des graveurs et des caricaturistes se sont mobilisés pour la cause dreyfusarde ou, au contraire, ont rejoint les rangs du nationalisme et de l’antidreyfusisme.
Le champ artistique, dans son ensemble, a été enrôlé dans cette crise politique et morale, qu’on évoquera à travers des pratiques et des œuvres, qui furent pensées comme des interventions publiques.
Les quêtes de neutralité de Rodin, la frilosité de Maurice Denis, l’antisémitisme obsessionnel de Degas ou Cézanne, la fébrilité d’Henry de Groux, le militantisme exalté d’Émile Gallé, l’activisme du sculpteur nationaliste Jean Baffier sont quelques-uns des parcours d’artistes qu’on abordera, en prenant en compte, entre éthique et esthétique, la réception critique de leurs œuvres confrontées à l’Affaire.
On n’oubliera pas non plus d’évoquer l’attitude d’Eugène Carrière.

Le samedi 16 février 2019 à 16h en mairie de Gournay sur Marne, à l’initiative de la Société des Amis d’Eugène Carrière. Entrée : 5 €

Les Juifs dans le récit national français : une présence en pointillés ? Des nouvelles de l’affaire Dreyfus

Sur France Culture, dans La Fabrique de l’histoire, le 10 janvier 2019 :

Des nouvelles de l’affaire Dreyfus, un documentaire d’Anaïs Kien et Séverine Cassar

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Georges Clemenceau et la culture : d’une bibliothèque à l’autre

Clemenceau et la Culture : d’une bibliothèque à l’autre

vendredi 18 janvier 2019
14h00-18h00
Cet après-midi d’étude montre Georges Clemenceau sous un jour nouveau. Chef de guerre, « Père la Victoire », il fut aussi un homme de culture, grand ami des arts et des intellectuels de son temps..
Dans le cadre de l’Année Clemenceau, avec le soutien de la Mission du Centenaire et le concours scientifique de Jean-Noël Jeanneney et de Jacqueline Sanson.

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Dreyfus face à l’accusation en 1894 : un ensemble de documents exceptionnels

Nous publions ici un ensemble de documents tout à fait exceptionnels, essentiels et absolument inédits – dont juste quelques extraits avaient été publiés dans mon Histoire de l’affaire Dreyfus de 1894 à nos jours –, ensemble exhumé d’un des nombreux fonds oubliés conservés aux Archives nationales : le fonds Demange (AN 387 AP). Parmi de très nombreux papiers d’un intérêt tout relatif, se trouve, dans le dossier 11, cet ensemble de notes rédigées par le capitaine Dreyfus entre le 12 décembre 1894 et le 11 janvier 1895 à l’attention de son avocat : 103 pages et 9 lettres (dont 2 étaient connues ou en partie connues) – 8 à Demange et 1 à un ami. Des notes, on va le lire, qui sont essentiellement constituées des réflexions du capitaine dans le but de préparer sa défense non seulement dans l’optique du procès mais aussi, après la condamnation, sur la manière de mener l’enquête pour permettre de faire éclater la vérité. On y voit Dreyfus essayer de comprendre ce qu’est ce bordereau et d’où il peut venir, analyser d’une manière serrée les dépositions des témoins de l’instruction, le rapport de d’Ormescheville (l’acte d’accusation de 1894), ouvrir des pistes à creuser pour contrer l’accusation et, après avoir été condamné, donner des directives sur la manière d’agir. Un nouveau document qui, en complément aux Carnets et à la biographie de Vincent Duclert, montre bien combien Dreyfus fut « à la hauteur » de son affaire et ne fut pas cette « marionnette de zinc » que certains voulurent voir en lui et surtout, au moment où se manifeste à nouveau la thèse de la culpabilité de Dreyfus, une nouvelle preuve de son innocence et du scandale absolu que furent l’instruction menée contre lui, son procès et sa dégradation.

Philippe Oriol

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L’Affaire Dreyfus mise en bière

À Quebec, a été commercialisée, à l’automne 2017, une bière nommée : L’Affaire Dreyfus. L’île du Diable.

Elle est ainsi présentée sur le site du brasseur :

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