L’excellent David Storper, du collectif Histoire et Mémoire à réussi. La statue de Lazare est revenue, à sa place, dans les Jardins de La Fontaine. Une foule nombreuses, de nombreux discours pour célébrer le premier des dreyfusards, cet anarchiste dont le combat contre l’antisémitisme et contre toutes les oppressions fut sans relâche. De l’Affaire, il avait écrit :
la responsabilité de la condamnation de cet innocent retombe tout entière sur ceux qui l’ont provoquée par leurs excitations indignes, par leurs mensonges et par leurs calomnies. C’est à cause de ces hommes qu’un tel procès a été possible, c’est à cause d’eux qu’on ne peut faire pénétrer la lumière dans l’esprit de tous. Il leur a fallu un traître juif propre à remplacer le Judas classique, un traître juif que l’on pût rappeler sans cesse, chaque jour, pour faire retomber son opprobre sur toute une race ; un traître juif dont on pût se servir pour donner une sanction pratique à une longue campagne dont l’affaire Dreyfus a été le dernier acte.
Il y a un an, presque jour pour jour, nous parlions ici du projet de refaire la statue nîmoise de Bernard Lazare. À l’occasion du 160e anniversaire de sa naissance, en octobre prochain, la statue sera retrouvera enfin sa place, dans les Jardins de la Fontaine. Les initiateurs de ce beau et nécessaire projet on encore besoin de vous. Tout soutien financier, même symbolique, est le bienvenu. Vous pouvez participer en cliquant :
« Orthodoxe en rien », c’est ainsi que pouvait se définir Bernard Lazare, le premier des dreyfusards, celui qui, le premier, prit la parole pour l’innocent injustement condamné et qui, en 1899, pouvait écrire –superbement –pour expliquer l’engagement qui avait été le sien : « Dreyfus m’a été cher, cher par ses origines et par celles qu’il incarnait ; voilà pourquoi j’ai voulu parler aujourd’hui, non pour dire ce que j’ai fait, mais pour affirmer ce que je veux faire, maintenant, demain, toujours, pour ceux de mes frères qui suent encore la sueur de sang qu’a suée le juif Jésus ». En 1908, à l’initiative de ses amis, une statue en sa mémoire avait été érigée à Nîmes, sa ville natale. Dégradée par les militants d’Action française –le nez en avait été cassé et offert à Charles Maurras qui en avait fait un presse-papier –, elle a disparu pendant l’Occupation. Le Collectif Histoire et Mémoire, présidé par David Storper, travaille avec acharnement depuis de longs mois à redonner vie à cette statue et à la remettre à sa place, dans la cité gardoise. Mais pour que cette nécessaire initiative puisse aboutir, il faut que nous nous mobilisions, que nous en parlions afin que la somme nécessaire à la réussite de ce projet puisse être réunie. Et nous vous invitons aussi à y participer, pour que Bernard Lazare reprenne sa place et que ne soit pas oublié celui qui fut, comme l’avait écrit Salomon Reinach, un de ceux qui a le plus fait « pour arrêter l’antisémitisme, qui lui a infligé les plus retentissantes défaites ».


