Une étude sur Maurice Weil

Weil ou Paquin ?

Par Virgilio Ilari, en italien, une étude sur l’homme mystérieux de l’Affaire dans laquelle il joua probablement un rôle minime quoi qu’en pensent les amateurs de « vérités cachées ». À lire ici.

Jules Guesde par Jean-Numa Ducange

Jean-Numa Ducange a publié en avril dernier chez Armand un Jules Guesde. L’anti-Jaurès ? On y apprendra, si on l’ignorait, que ce n’est pas un hypothétique et fantasmatique antisémitisme, comme nous le soutient Alexis Lacroix, qui le tint loin de l’Affaire mais des raisons avant tout politiques et sa volonté de « faire du socialisme, et rien que du socialisme ». Après une rapide réfutation du Guesde antisémite, Jean-Numa Ducange nous montre un Guesde dans un premier temps plus dreyfusard encore que Jaurès puis faisant le choix de l’abstention par intransigeance et volonté d’indépendance au nom d’un « séparatisme ouvrier » qui commandera aussi son refus en juin 1899 d’accepter l’entrée d’un socialiste dans un gouvernement bourgeois.
Un passionnant travail qui, après les travaux de Claude Willard et des ouvrages qui jusqu’alors tenaient plus de l’hagiographie, nous permet de mieux connaître cette grande figure du socialisme – « le socialisme fait homme » – dont on a voulu faire un sectaire et qui fut avant tout, le travail de Jean-Numa Ducange nous le montre bien, « un pur ».

Le manuscrit des souvenirs d’Alphonse Bard en ligne sur Gallica

Depuis quelques jours, en ligne sur Gallica, les souvenirs d’Alphonse Bard, conseiller à la Cour de cassation et rapporteur à l’occasion de la première révision : Six mois de vie judiciaire. Mon rôle dans l’affaire Dreyfus.
Tome 1 (chap. I-III : jusqu’à l’audience du 27 octobre 1898) : ici
Tome 2 ( chap. IV : rapport et arrêt de la demande de révision) : ici
Tome 3 (chap. V-VII : de l’arrêt à la démission de Quesnay de Beaurepaire) : ici
Tome 4 (chap. VIII-X : du projet de dessaisissement à l’enquête des doyens) : ici
Tome 5 (chap. XI-épilogue : de la loi de dessaisissement à la fin de l’Affaire) : ici

Il s’agit du manuscrit des Archives de la Cour de cassation dont il existe une copie à la BNF sous la cote : n.a.fr 13501. Notons que la majeure partie de ce texte avait paru sous le même titre chez Jouve et Cie en 1927

Une nouvelle synthèse de l’Affaire : L’Affaire Dreyfus de Serge Pacaud

Vient de paraître aux éditions Marivole : L’Affaire Dreyfus de Serge Pacaud. Richement illustré, il est une narration simple, souvent simplifiée mais sans surprise de l’Affaire. Le seul problème en est cette annonce d’une mise en lumière « des questions qui suscitent les plus grandes réserves à la lecture des événements et des faits » qui font de ce livre, toujours selon la quatrième de couverture, un nouveau « J’Accuse…! » qui énumère « les points de détails équivoques, et incrimine l’Histoire d’avoir fait fi de l’entière vérité au profit d’un consensus apaisé ». Rien que ça ! Continuer la lecture

Le J’Accuse ! d’Alexis Lacroix

Alexis Lacroix vient de publier aux éditions de l’Observatoire, son « J’Accuse…! »… sans points de suspension. L‘ancien directeur adjoint de Marianne, aujourd’hui directeur de rédaction délégué de L’Express, passe sur les lignes de front et en appelle au sursaut et à la nécessité – urgente en effet – de combattre l’antisémitisme en France et pour cela à « réveiller l’esprit des dreyfusards ». Pour ce faire, il exalte, dans l’énergie qu’il met à dénoncer cette « gauche volontiers “insoumise”, et en vérité nihiliste, car imbue d’une politique et d’une géopolitique du “coup de force”, qui, dans l’affaire Dreyfus, était tombée du côté antidreyfusard de la barricade » (p. 88), les « derniers dreyfusards » que sont Bernard-Henri Lévy et Manuel Valls. Il invite pour cela ses lecteurs à se placer dans le sillage du dernier qui, explique-t-il, à l’époque où il était aux affaires, tint bon, « affirm[a] une position non négociable », « résista sur la ligne de front intellectuelle et politique au “néoantisémitisme” » et eut « le courage d’affirmer aussi que, si l’autre gauche, celle de Mendès-France et du radical Clemenceau, laisse s’opérer cette diabolique fusion [celle d’un anticapitalisme jamais éteint depuis Drumont et de la judéophobie structurale aux Frères musulmans], c’en sera fini de la France que nous aimons, cette France qui a su se diviser sur le sort d’un petit capitaine juif » (p. 114-115). 

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