Article mis en avant

Le blog de la SIHAD

La SIHAD, créée en 1996, a pour but d’offrir un espace à tous ceux – chercheurs, enseignants, scolaires, amateurs et curieux – qui s’intéressent à l’affaire Dreyfus et, à travers ce blog, de mettre à leur disposition des documents, des articles, des critiques sur l’Affaire et son actualité. Regroupant les spécialistes de l’affaire Dreyfus, elle se veut aussi animée, aux termes de ses statuts, par un esprit de vigilance à l’égard de la vérité historique.

Assassins ! de Jean-Paul Delfino

Un roman autour de la mort de Zola qui imagine comment, pour la cause, le fumiste Buronfosse, main armée du nationalisme et de l’antisémitisme, assassina Zola. On y croise toute la fine fleur de l’antidreyfusisme en un roman qui prend quelques belles libertés avec l’histoire mais est amusant et plutôt agréable à lire. Rigoureusement insupportable toutefois ce portrait de Dreyfus que l’auteur s’est senti obligé de peindre, variation en surenchère de la scène, déjà tout à fait idiote, que nous avait laissée Armand Lanoux dans son Zola ou la conscience humaine.

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Histoire politique de l’affaire Dreyfus

Une conférence de Bertrand Joly, en ligne depuis quelques jours, sur le thème de son dernier livre, fondamental et novateur, qu’il faut absolument avoir lu (compte rendu ici).

A propos du musée de l’affaire Dreyfus à Médan

Une interview, sur Judaïques FM, de Joël Rochard, président de la Société littéraire des Amis d’Émile Zola et trésorier du Musée.

 

La première biographie en français de Cluseret

Après la biographie en anglais de William J. Phalen (The Democratic Soldier: The Life of General Gustave P. Cluseret, VIJ Books, 2016), voici la première biographie en français de cet étonnant personnage que fut Cluseret, saint-cyrien, lieutenant en 1848 et chef d’un bataillon de la Garde mobile après Février, combattant en Crimée, en Algérie et démissionnaire, recruteur d’une légion pour Garibaldi aux États-Unis, colonel en Italie, général nordiste pendant la guerre de Sécession, journaliste à New-York, combattant en Irlande, à nouveau journaliste mais cette fois à Paris, prisonnier à Sainte-Pélagie, membre de la première Internationale, communard, à nouveau journaliste en Suisse tout en étant peintre dans le sillage de son ami Courbet, peintre toujours mais à Constantinople (pour échapper à une nouvelle condamnation), encore journaliste en France, député du Var, soutien de Boulanger, collaborateur à La Libre Parole et fondateur La Voix du peuple du Midi, feuille à la périodicité irrégulière rédigée par lui seul pour rendre compte de son activité parlementaire, et antidreyfusard forcené. 

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Le J’accuse de Polanski, adaptation du D de Robert Harris. Compte rendu

« Il me faut des défis, sinon je me fais chier », déclarait Polanski en 2013 aux Inrockuptibles. Ce J’accuse est un de ces défis et sans doute un des plus grands. Et le réalisateur l’a, cinématographiquement parlant, parfaitement relevé en livrant une œuvre remarquablement interprétée (avec tout particulièrement un Grégory Gadebois impressionnant dans le rôle d’Henry), superbement réalisée, d’une réelle beauté formelle et que distingue une reconstitution du Paris de 1894-1899 époustouflante et quelques moments d’une incroyable tension dramatique. Ce J’accuse est au final une parfaite adaptation cinématographique d’An Officer and a Spy de Robert Harris, publié en français sous le titre de D. Comme lui, il repose sur un parti pris original, celui de ne pas voir l’Affaire sous son aspect politique  – à l’exception toutefois de ces scènes de déferlement antisémite après la publication du « J’Accuse…! » qui pourraient donner l’impression que la France eut en 1898 sa « nuit de cristal » – mais de s’en tenir, à travers la vision quasi-subjective de Picquart, à la manière dont l’ancien chef de la Section de statistique découvrit le crime contre Dreyfus et comment, ainsi que le dit l’argument, « au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus ». Ainsi s’explique, et se justifie pleinement, la disparition de pratiquement tous les acteurs de l’Affaire et une quasi-unité de lieu focalisée sur les bureaux de l’État-major et les (principales) instructions et procès au cours desquels Picquart fut entendu.

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